Cephalotus follicularis
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Description de la plante carnivore Cephalotus follicularis
Famille des Cephalotaceae
Nom français : Cruche à eau d'Albany
Deux cultivars :
- Cephalotus follicularis 'Eden Black'
- Cephalotus follicularis 'Hummer's Giant'
Origine et milieux naturels
Cephalotus follicularis est originaire du Sud-Ouest de l'Australie, entre les villes de Perth et d'Esperance, sur une superficie équivalente à celle de la Suisse. Il a été repéré dans les régions de Warren, dans les plaines de l'Espérance, et au sud de la forêt de Jarrah. Les milieux sont des collines ou plaines sableuses et tourbeuses, souvent proches de criques, de rivières. On la trouve parfois à flanc de falaise. Le sol est moussu, parfois couvert de hautes herbes, et l'eau y circule fréquemment. Le climat est tempéré, avec des étés relativement secs et chauds, et des hivers frais et humides.
Histoire et Étymologie
Les premières traces écrites de la découverte de la plante remontent à décembre 1801, lors de la visite de la baie de King George Sound par le bateau HMS Investigator. Le botaniste écossais Robert Brown fait partie de l'équipage. Dans ses notes du 2 janvier 1802, il indique que deux personnes, du nom de Ferdinand Bauer et William Westall, ont trouvé une plante à urnes en fleurs, la veille. La collecte de plants est organisée par Brown, qui est considéré comme le premier collecteur de l'espèce. Sur plae, il remarque que l'étrange végétal est capable de capturer des insectes. Dans son report, il la nomme Cantharifera paludosa, mais cette appellation n'est pas publiée officiellement. L'année suivante, d'autres spécimens sont collectés par le botaniste français Jean-Baptiste Leschenault de la Tour, lors d'une expédition menée par l'explorateur Nicolas Baudin. Ramenés en France, ils sont étudiés par Jacques Labillardière, spécialiste de la flore australienne, qui publie la description de l'espèce dans son ouvrage Novae Hollandiae plantarum specimen. Labillardière n'a jamais crédité Leschenault de la collecte de l'holotype ; c'est pourquoi on a longtemps cru que Labillardière en était à l'origine, ce qui est soutenu par Brown lui-même, convaincu qu'il avait découvert la plante lors d'expéditions menées dans les années 1790. Labillardière classe la plante dans la famille des Rosaceae. Dans les années 1820, après étude de graines en bon état collectées sur place par le jardinier anglais William Baxter, Brown conclut qu'elle mérite une famille à part entière : Cephalotaceae.
L'épithète générique Cephalotus est dérivé du grec kephalotos, "pourvu d'une tête", en référence à la forme des anthères, sphériques. L'épithète spécifique follicularis est dérivé du latin folliculus, "petit sac", ce qu'évoquent les pièges carnivores de la plante.
Aujourd'hui, l'espèce est considérée en danger par l'IUCN, suite à la récolte massive de plants et à la lente destruction de son biotope, consécutive à l'activité humaine.
Description
Cephalotus follicularis est une plante carnivore vivace terrestre. Les feuilles émergent de rhizomes souterrains. Elles sont de deux types :
- Simples, ovales, elliptiques ou lancéolées, vertes à rouges et violettes en fonction de la luminosité et de la saison, destinées uniquement à la photosynthèse. Généralement 1 à 6 cm de long pour 0,5 à 2,5 cm de large, mais parfois plus de 10 cm de long. Le pétiole est de la même longueur que le limbe.
- Transformées en urnes complexes, avec des fonctions carnivores, la face ouverte vers l'extérieur, et généralement en position "semi-allongée". Elles sont rouges à pourpres, munies d'un capuchon et d'appendices recourbés vers l'intérieur pour empêcher toute tentative de sortie. Leur port très à ras du sol les spécialise dans la capture d'insectes rampants, notamment les fourmis. Ils forment de véritables grappes. Les insectes sont attirés par le nectar du péristome (bord des urnes), lisse et glissant, puis y sont précipités. Des enzymes produits par la plante se chargent de décomposer les proies. La taille et la couleur des urnes varient en fonction de l'exposition. Les pièges les plus ombragés sont principalement vert et dépassent les pièges exposés au soleil en taille, qui eux peuvent devenir entièrement pourpres. Adultes, ils mesurent entre 3 et 8 cm, exceptionnellement 10 cm. Toutes les feuilles développent une pilosité plus ou moins importante, présente notamment sur les marges des feuilles simples, de part et d'autre de l'ailette centrale des urnes, et sur leur opercule. Celui-ci est orné de nervures écarlates qui, par contraste avec les parties plus claires, contribuent à l'attraction des insectes.
L'inflorescence développe 10 à 30 fleurs de 3 mm de diamètre à 6 sépales blancs ou crème, et dépourvues de pétales.
Culture de la plante carnivore Cephalotus follicularis
Substrat
Un substrat à base de tourbe blonde (au moins 50%) est conseillé ; à compléter avec du sable de quartz (au moins 25%) et de la perlite. Surfaçage de sphaigne vivante bienvenu.
Humidité
Sol humide mais jamais durablement détrempé. Arrosage à l'eau de pluie, déminéralisée ou osmosée.
Repos
Si la température moyenne et la photopériode baissent, la plante stoppe naturellement sa croissance. Ce repos est bénéfique pour sa vigueur ; c'est pourquoi on évitera de la maintenir en terrarium chaud toute l'année.
Luminosité
Cephalotus follicularis a besoin d'une bonne luminosité. Au soleil il devient partiellement rouge mais sera relativement petit, tandis qu'à l'ombre il devient plus massif mais reste vert, et développe plus de feuilles simples.
Température
Températures de l'extérieur du printemps à l'automne. En hiver, il apprécie une certaine fraîcheur, mais doit être protégé en cas de gel. Une culture en terrarium chaud n'est pas viable.
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