Roridula gorgonias
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Description de la plante carnivore Roridula gorgonias
Famille des Roridulaceae
Nom français : Buisson à mouches
Origine et milieux naturels
Roridula gorgonias est originaire d'Afrique du Sud. Il a été localisé dans les régions de Caledon, Somerset, Stellenbosch et Swellendam, autour du Cap et d'Hermanus. Il croît sur des collines situées entre 100 et 915 mètres d'altitude, en populations de quelques individus jusqu'à plus de 2000 spécimens. L'espèce se développe dans le fynbos, une végétation basse caractéristique du sud de l'Afrique du Sud qui s'apparente au maquis, avec des bruissons et des herbes denses. Les sols sont tourbeux, riches en gravier et en sable de quartz. Le feu détruit périodiquement une partie de la flore du fynbos, ce qui permet aux Roridula de ne pas subir la concurrence d'autres végétaux d'ordinaire plus grands et vigoureux. Leur population est renouvelée grâce aux graines.
Le climat est tempéré, avec des étés doux et des hivers cléments. Les nuits sont souvent brumeuses.
Histoire et Etymologie
Roridula gorgonias est décrit en 1848 par le botaniste français Jules Émile Planchon, longtemps après la description du genre par Linné, en 1764, qui place le genre Roridula dans la famille des Droseraceae. En 1924, Roridula gorgonias et sa consœur Roridula dentata sont placés dans une nouvelle famille dont ils sont les seuls membres : les Roridulaceae. Jusqu'à la fin du XXe siècle, les deux espèces sont considérées comme proches parentes des Byblis, mais des études génétiques les rapprochent plutôt des Sarracenia. Dans le même temps, les scientifiques s'attachent à expliquer le rôle des punaises et araignées qui vivent au sein du feuillage. On comprend alors que Roridula gorgonias n'est pas directement carnivore (voir paragraphe "Description"). Ces plantes étaient jadis utilisées comme papier tue-mouches dans les maisons de la région du Cap, ce qui leur a valu son surnom de Vlieëbos (buissons à mouches).
L'épithète spécifique gorgonias est dérivé du grec gorgon. Dans la mythologie grecque, les Gorgones sont des créatures fantastiques portant des serpents à la place des cheveux. Quiconque les regarde dans les yeux meurt pétrifié. Il pourrait donc y avoir une analogie subtile avec la plante, qui attire les insectes par la brillance de sa glu sur laquelle ils se rendent irrésistiblement, et y sont alors immobilisés.
Description
Roridula gorgonias est un sous-arbrisseau vivace dont la hauteur peut atteindre 2 mètres. Il produit des feuilles alternes lancéolées, vert-jaune, mesurant jusqu'à 12 cm de long et 5 mm de large, qui se rejoignent à la base sur une tige rouge, devant marron au fur et à mesure de sa lignification. Les feuilles les plus anciennes se dessèchent et tombent parfois longtemps après leur mort. Les feuilles fraîches sont couvertes de nombreux poils glanduleux portant des gouttes de résine collante, une substance qui diffère de celle produite par les autres plantes carnivores à mucilage en cela qu'elle ne contient pas d'eau. Les poils poussent sur la partie supérieure du limbe, mais leur angle de croissance leur permet de couvrir une large surface. Certains sont très courts, entre 0,5 et 2 mm, et d'autres bien plus longs, jusqu'à 10 mm. Tout comme les limbes eux-mêmes, ils ne sont pas mobiles, ce qui les différencient encore des Drosera.
La floraison intervient de mai à octobre. Les fleurs, au nombre de 2 à 5 par inflorescence, ont cinq étamines, cinq sépales couverts de poils glanduleux, trois carpelles et cinq pétales roses à mauves, parfois blanchâtres. Elles mesurent en moyenne 4 cm de diamètre. L'inflorescence elle-même porte des feuilles collantes, mais celles-ci sont plus courtes que celles de la tige principale. Les capsules portent de nombreuses graines anguleuses d'environ 5 mm.
Roridula gorgonias n'est pas une plante carnivore au sens strict car il lui manque une faculté indispensable : la production d'enzymes pour digérer de façon autonome les proies capturées. Elle peut donc être qualifiée de protocarnivore, ou précarnivore, c'est à dire sur la voie de la carnivorie. La plante tire parti d'une symbiose établie avec des punaises et des araignées spécialisées, respectivement Pameridea marlothii et Synaema marlothii, qui passent leur vie à même les Roridula, en se nourrissant des proies qu'elles capturent. Leurs déjections sont ensuite assimilées par la surface des feuilles des Roridula. Celles des punaises seraient plus de deux fois plus riches en azote que celles des araignées. Le mucilage de Roridula gorgonias est une résine extrêmement collante et très tenace, à tel point qu'elle résiste à la pluie et qu'elle persiste encore partiellement après la mort des feuilles.
Culture de la plante carnivore Roridula gorgonias
Culture rendue difficile par sa sensibilité à l'humidité ambiante et sa difficulté à germer.
Substrat
C'est un point sur lequel Roridula gorgonias n'est pas très exigeant : un mélange à base de tourbe blonde lui convient très bien, avec une proportion de perlite ou de sable de quartz.
Humidité
L'apport en eau doit être modéré et celle-ci doit pouvoir s'écouler par la base du pot. Si les racines baignent dans l'eau pendant un long moment, elles risquent de pourrir. À l'inverse, si le sol s'assèche, les racines suivront. L'eau doit être issue de la pluie, déminéralisée ou osmosée. L'humidité de l'air ne doit pas être trop élevée, car les feuilles y sont sensibles : leurs extrémités risquent alors de noircir, et la plante entière peut suivre cette voie. En cas d'humidité élevée (plus de 70%), le lieu de culture doit être bien aéré.
Repos
Pas de repos à proprement parler, mais une période au frais est souhaitable en hiver pour obtenir une plante vigoureuse l'année suivante, avec des fleurs et des graines.
Lumière
La plante peut être exposée en plein soleil, mais une acclimatation est nécessaire. Une exposition à mi-ombre donne des feuilles bien formées, bien vertes et sans taches, tandis que le soleil direct peut les faire rougir ou brunir si elles n'y sont pas accoutumées.
Température
Entre 0 et 35°C. De faibles gelées sont supportées, surtout si le volume de substrat est suffisamment grand pour avoir une bonne inertie thermique.
Parasites et maladies
Peu sensible. Risque de moisissures sur les feuilles mortes si l'humidité est élevée.

